LE JOUR OU J’AI CHOISI DE NE PLUS TRAVAILLER…
25 septembre 2017
LOVE IS ALL WE NEED…(Oui, même au travail) !
22 décembre 2017

YOU’D BETTER STOP (…before you break my heart. Ah non, pardon.)

Textuellement, en français : « Vous feriez mieux d’arrêter ».

 

Très bien, très bien mais quoi ?

Les MICRO-TÂCHES! Ce phénomène bizarre qui tend à s’étendre aux entreprises sous couvert d’une parfaite gestion de projet.

 

Donc voilà, aujourd’hui, je souhaiterais vous sensibilisez sur le management de la petite tâche. Ce mal organique qui pollue complètement un management qui se veut progressiste et par la même, l’avancée de vos projets.

 

Que vous aimiez prévoir, gérer, planifier, hiérarchiser et animer des étapes à court terme dans l’espoir d’atteindre l’objectif convoité à moyen ou long terme, soit, mais il faut que vous réalisiez que cela implique le morcellement du projet en micro-tâches, ce qui dilue votre objectif ET le sens des opérations.

 

En définitive, plus vous planifiez et débitez en morceaux, plus vous vous éloignez de l’objectif. Vous mettez alors votre énergie dans l’accomplissement des étapes plutôt que dans l’objectif. Et vous vous perdez… (Oui, ça commence fort !)

 

Définir un planning de micro tâches pour vos collaborateurs, c’est faire abstraction de leurs talents, des opportunités et de la magie qui peuvent s’opérer dans un projet. C’est robotiser un projet qui reste avant tout humain. Et tout ce que cela implique d’humain : des émotions, des idées, …

Plus vous micro-tâchez (mon article, mes néologismes), plus vous êtes concentrés mais moins vous serez attentifs. Pour atteindre vos objectifs, il faut arriver à équilibrer les deux : Concentration ET Attention.

 

Et puis, soyons francs, cela nuit clairement à la motivation de chacun: imaginez-vous gravir l’Everest. Projet incroyable n’est-ce-pas ? Et bien, avant même d’entamer votre 1ère préparation physique, supposez qu’on vous explique, lors d’une réunion de lancement, combien de slips il faudra emmener ou bien que votre repas sera des spaghettis bolognaise lyophilisées. Euh…non mais attendez, on s’en moque un peu de ça ! Franchement ?! On va gravir l’Everest, quoi ! On veut d’abord parler de l’expédition, des sensations du corps, du dépassement de soi, de la sensation exaltante d’arriver au sommet…

Donc pour atteindre cet objectif, la liste de ces micro-tâches sera tellement conséquente que vous aurez pour seul but d’abandonner avant même d’avoir commencé, vaincu par le découragement et le désintérêt, sans avoir même l’envie d’enfiler vos chaussures à crampons… Quel gâchis !

Dans cet exemple, même si la préparation matérielle et logistique est importante, voire indispensable, elle ne doit pas prendre le pas sur l’objectif, le but, le sens. Et surtout, vous ne devez pas commencer par ça. Même si vous savez. Même si vous avez déjà gravi l’Everest.

 

Il vaut donc mieux définir les 4 grandes missions et insister sur le seul but à atteindre. Vous laisserez ainsi l’autonomie à vos collaborateurs de créer, eux-mêmes, leurs propres tâches et qu’elles puissent se faire sans s’en apercevoir et uniquement dans le but de réaliser ce quelque chose qui a du sens!

 

Et la première des choses à faire, c’est avoir confiance et leur dire qu’ils ont le temps de l’analyse et de l’échange. Ils iront alors spontanément chercher des infos et construiront leurs questions, leurs intuitions et leurs doutes.

 

Dites-leur ensuite, que c’est le temps de la décision : ils rentreront naturellement en concertation et prépareront leurs convictions, leurs ambitions, leurs arguments et enfin leur projet.

 

Dites-leur que c’est désormais, le moment de l’action : ils sauront alors lister et chercher ce dont ils ont besoin et s’engager, car depuis le début, c’est LEUR projet.

 

Et enfin, dites-leur que c’est le moment du témoignage et de la communication : ils sauront préparer leurs histoires, leurs expériences et se sentiront libres de les exprimer avec émotion.

 

En lisant tout ça, je vous vois bien imaginer que c’est facile à dire (c’est vrai !) mais pas facile à faire (c’est faux !).

Ce n’est, effectivement, pas si sûr ! Attention à l’excès de confiance en soi.

 

Dites STOP à cette petite voix qui vous martèle :

  • « Je l’ai déjà fait, je sais. Il gagnera du temps si je lui dis comment faire. »
  • « J’irais plus vite et ce sera mieux fait par moi. »
  • « S’il fait des erreurs, c’est autant de temps et d’argent de perdu. »
  • « S’il ne sait pas, moi je sais ! »
  • « On a toujours fait comme ça, pourquoi changer ? »
  • « Il ne faut prendre aucun risque sur ce projet donc je préfère anticiper tout et tout le temps ! »
  • « Les laisser faire, oui, mais je préfère surveiller quand même ! »
  • « Ils sont jeunes, ils apprennent donc je préfère leur dire ce qu’ils ont à faire. »
  • « C’est quand on bosse parfaitement qu’on atteint l’excellence. »

 

Arrêter de vous épuisez à épuiser les autres ! Car l’excès de confiance (vu plus haut, rappelez-vous) ressemble à ça.

 

Alors oui, il faut des micro-tâches mais ce sont vos collaborateurs qui doivent faire leurs propres listes. Ou pas. Car certains seront forcément plus forts que vous. Et alors ?

Aidez donc vos collaborateurs en leur rappelant les grandes missions, en leur rappelant quotidiennement le sens et l’objectif plutôt que la liste des choses à faire. Car plus vous focaliserez sur les micro-tâches, plus vous aiderez vos collaborateurs à ne jamais savoir pourquoi ils travaillent.

Par contre, si c’est votre objectif, il n’y a qu’un seul avantage. Vous resterez le seul maître à bord et vous pourrez alors tirer les ficelles de vos pantins irresponsables et démotivés.

Si vous voulez colorer votre management et réveiller la magie, alors soyez assez courageux pour laisser dire et laisser faire. Rappelez le sens plus que la tâche, laissez-vous surprendre par l’autonomie, l’envie et la créativité de vos collaborateurs. Mais surtout, laissez-vous dépasser et distancer. N’ayez pas peur de devenir un coach, un révélateur, un inspirateur…plus qu’un référent, un chef, un donneur d’ordres, un exemple parfait, qui sait…lui.

 

Delphine Leteurtre Coloriste de Matière Grise

Interview & crédit texte Ampersand Storyteller